Belek, une chasse dans le Haut-Altaï. Suivi de : Une histoire Touva – Galsan Tschinag

Voilà un livre qu’on m’avait bien déconseillé, mais comme il trainait depuis un moment dans ma bibliothèque et que je n’ai jamais lu d’auteur mongol avant Galsan Tschinag, j’étais curieux, et je me suis lancé ! Alors c’était moins pire que ce à quoi je m’attendais, mais je n’ai pas trop accroché non plus.

Ce petit livre regroupe deux courtes histoires, qu’on pourrait qualifier de nouvelles, puisqu’elles font à peu près 75 pages chacune. La première est l’histoire de Belek, embarqué dans une histoire de chasse au loup dans les montagnes de l’Altaï. La seconde est l’histoire de Dshaniwek, embarqué dans une histoire de chasse à l’homme dans les montagnes de l’Altaï. Vous commencez à voir le problème ?

On va dire que je suis pas ultra fan de la chasse, et je comprends bien que l’objectif de Galsan Tschinag était de raconter des histoires de sa culture, et donc des histoires de chasse, comme j’ai pu déjà en lire dans le livre de Walis Nokan Les sentiers des rêves. Sauf que Walis Nokan, même s’il présente plusieurs histoires de chasse, évidemment, ne se limite pas à ça. Ici, on n’aborde la culture mongole que par le prisme de la chasse, et ça ne m’intéresse pas vraiment. Ce n’est vraiment pas mal écrit sinon, disons que si j’en ai l’occasion, je tenterais bien de lire un autre de ses livres, voir si c’est encore et toujours de la chasse ou s’il a autre chose à offrir. Mais du coup, si j’ai plutôt bien accroché à la première histoire Belek, j’ai mis quelques dizaines de pages à accrocher à la deuxième, Une histoire Touva, sur 75 pages, ça fait beaucoup.

Sinon, quelques anecdotes sur le style : j’ai vraiment eu l’impression que l’histoire, tout comme le livre de Walis Nokan encore une fois, était une retranscription d’une histoire de la tradition orale de l’auteur. Je peux me tromper, mais ce qui me fait dire ça, c’est que ces deux histoires ne sont pas racontées par un narrateur omniscient, mais que l’auteur crée des personnages bien précis, qui n’interviennent que parce qu’ils racontent les histoires qui font le récit à un autre personnage. Ainsi, dans Belek, Dagwa fils de Schynykbaj (nommé la page d’après “Schöödukej”, je ne sais pas pourquoi il a soudain changé de nom ^^) et de Balsyng, reçoit une lettre lui demandant d’écrire un courte biographie de Belek après que celui-ci soit mort, et dans Une histoire Touva, le vieux Dshawinek raconte à son compagnon de chasse une histoire qui lui est arrivée. Bon, ça donne un style un peu étrange, mais ça passe.

Deuxième point : vous l’avez peut-être remarqué à la couverture, ce livre est traduit de l’allemand. J’ai d’abord pensé à une traduction secondaire, et j’étais en train de me raisonner en me disant qu’on n’avait probablement pas eu le choix (je venais de finir de lire La modernité française dans l’Asie littéraire, et j’ai compris quelques raisons de la traduction secondaire, sinon j’aurais été scandalisé !). En même temps, des traducteurs mongol-français, je ne sais pas s’il y en a beaucoup. Et puis je me suis dit qu’au moins c’était mis en gros sur la couverture, pas comme dans mon édition de Nouilles chinoises, où c’est vraiment une traduction secondaire et qu’en plus ce n’est pas mis clairement. Mais là, PAS DU TOUT ! j’ai totalement fait fausse route : pourquoi Galsan Tschinag est l’un des seul auteur mongol (ou le seul, je sais pas) traduit en français, c’est qu’il écrit en Allemand ! Donc on a bien une traduction primaire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… ^^

Bref, je n’ai pas trop aimé le fond de ma lecture : les récits de chasses, ce n’est pas pour moi. Si c’est pour vous, je dois dire que c’est pas mal écrit et que ça pourrait vous plaire ! J’ai plus apprécié certains passages d’ambiance, les montagnes de l’Altaï, dans l’ouest de la Mongolie, ça peut me faire envie ! Et j’ai bien aimé voir le rapport entre deux civilisations mongoles qui coexistent (les tribus nomades aux cotés des villes communistes), j’ai trouvé ça assez intéressant.

Donc je suis content de m’être lancé là dedans, c’est moins pire que ce à quoi je m’attendais, mais au moins, j’avais beaucoup de choses à dire dessus, et pas que du négatif ! Donc si je retrouve du Galsan Tschinag, et que ce n’est pas que du récit de chasse, je le tenterai, parce que le même style sur un autre sujet, ça peut vraiment me plaire !