Les sentiers des rêves – Walis Nokan

Bon, “Walis Nokan”, ça fait pas très chinois comme nom. Pour cause : Walis Nokan n’est pas un Han, l’ethnie majoritaire de Chine, mais un Atayal et donc, un aborigène Taïwanais. Cette année en cours on a du travailler sur la contre-culture à Taïwan, du coup j’avais choisi d’étudier cette œuvre.

Alors, déjà, qu’est ce que c’est que ce livre ? Ce n’est pas un roman, ni vraiment un recueil de nouvelle à proprement parler, mais plutôt un recueil de “micro-fictions”, qui font entre quelques lignes et une page ou une page et demie maximum. D’ailleurs, le titre en version originale est 瓦歴斯微小說 (Walisi Weixiaoshuo), ce qui signifie “Les micro-fictions de Walis”. Donc nous avons dans ce recueil plusieurs centaines de fictions, très courtes et qui traitent de nombreux sujets et avec des inspirations très variées.

Parmi les sujets abordés, on trouve notamment toute une partie consacrée uniquement aux aborigènes de Taïwan, où Walis Nokan aborde notamment des éléments culturels de ces sociétés, certains problèmes sociaux à Taïwan relatif aux aborigènes, comme le problème de l’alcoolisme chez les population aborigènes de Taïwan, des récits de chasseurs et pêcheurs, etc… Mais ses micro-fictions ne sont pas uniquement basées sur la description de la société Atayal. On a dans ce livre des références à des personnages de la culture littéraire mondiale, comme Dracula, par exemple. Il met également en scène de véritables écrivains, comme Kafka, Borges ou Georges Orwell…

Du coup j’ai un peu bossé sur Walis Nokan, sur sa vie et ses inspirations. Et d’après lui, sa grande inspiration a été le nouvelliste colombien Gabriel Garcia Marques. Walis Nokan voulait se détacher de la vision classique de l’écrivain qui dit que pour être un “vrai” écrivain, il faut écrire beaucoup. Lui s’éloigne de cette conception de la littérature afin de se concentrer sur des points qu’il trouve essentiel : Les personnages, l’intrigue et le rythme. Pour lui, les histoires qu’il écrit doivent être percutantes et les personnages doivent servir l’histoire. Donc les personnages sont souvent construits à partir de clichés ou de personnages célèbres afin d’être rapidement cernés par le lecteur.

Ce roman a été écrit en chinois, avec quelques mots du vocabulaire Atayal glissé dans certaines nouvelles. Si ce livre m’a appris quelque chose, c’est que tous les auteurs chinois n’ont pas forcément un nom facilement reconnaissable, puisque la Chine n’est pas composée que de Hans, et que les noms des gens appartenant aux ethnies minoritaires de Chine ou aux ethnies aborigènes de Taïwan ne ressemblent pas aux noms Han. Du coup, je serais plus vigilants la prochaine fois que je cherche des livres, je dois être passé à coté de beaucoup d’auteurs sans le savoir.

J’ai adoré cette lecture, que je recommande fortement. Le format du récit court me convient parfaitement, mais je sais que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Après, toutes les histoires ne m’ont pas plus, forcément, le principe d’un recueil c’est qu’il y a toujours quelque chose d’un peu inégal. Mais j’ai passé un très bon moment avec Walis Nokan.