Les disparues d’Asie – Gwendolyn Simpson Chabrier

Avec Les Disparues d’Asie, je vous présente le premier livre que j’ai reçu grâce au programme Masse Critique du site Babelio ! Champagne ! ^^ Enfin, pour la réception du livre, pas pour son propos, qui ne prête pas (mais absolument pas) à la fête.

Les disparues d’Asie parle de la situation des femmes dans deux pays aux sociétés hautement patriarcales et avec un grand déséquilibre de genres : L’Inde et la Chine. Ce livre nous explique les fondements de chacune de ces sociétés, pourquoi et à partir de quand être une femme est devenue synonyme d’inférieur (et être un homme est devenu synonyme de gros bâtard).

La première partie du livre parle uniquement de la situation en Chine. J’ai beaucoup aimé le fait que Gwendolyn Simpson Chabrier pointe le fait que la société patriarcale a surtout été promue par… Confucius ! On le considère en Europe surtout comme un grand sage et philosophe (et comme une source intarissable de proverbes chinois de qualité) mais il ne faut pas oublier que c’est lui qui a théorisé les relations entre les hommes dans la société, et ce n’est pas folichon pour les femmes. J’ai énormément apprécié cette partie sur le droit des femmes et sur le déséquilibre de genre en Chine, mais je la trouve relativement courte. Les autres parties abordées, toujours en Chine, sont en gros : une partie sur les droits de l’enfant et de l’orphelin et une dernière sur la diaspora chinoise en Amérique. Même si en soi ce sont des sujets très intéressants, je dois dire que je ne m’attendais pas à les trouver dans ce livre, et je pense que j’aurais préféré une plus grande partie sur le propos initial qui était “Les femmes et le déséquilibre de genre en Chine”, plutôt que de s’éloigner autant du sujet. Je me suis demandé à plusieurs reprises quel était le rapport qu’il y avait entre ce que j’étais en train de lire et le sujet initial. Malgré ce sentiment de hors-sujet, les thèmes abordés n’en restent pas moins intéressants, et je pense en avoir appris beaucoup.

Pour ce qui concerne l’Inde, j’ai eu beaucoup moins ce sentiment que Gwendolyn Simpson Chabrier faisait un peu du hors sujet, mais j’ai eu plus de mal a suivre à cause du nombre de termes en langue Indienne. Je n’ai pas été dérangé par ça dans la partie en Chinois : soit parce que les termes ne m’ont pas dérangés, puisque je les aurait compris, soit parce que l’autrice est plus une spécialiste de l’Inde que de la Chine et que du coup elle connait mieux les termes spécifique, qui lui paraissent plus évident. (Ou un peu des deux.) Je pense que l’autrice est vraiment très calée sur le monde Indien, elle nous décrit le fonctionnement de la société et les bases du patriarcat de manière plutôt compréhensible. Mais j’ai trouvé parfois quelques failles dans les faits pour la partie en Chine. Par exemple, elle avance que Mao a “âprement défendu le droit des femmes”. Juste pour récapituler, sous Mao, une femme n’avait pas le droit d’avoir un rang hiérarchique supérieur à celui de son mari, et les lois pour l’égalité Hommes/Femmes mises en places étaient pour que les hommes comme les femmes soient obligés de travailler aux champs. Mais en soi, c’est vrai qu’il y a eu quelques améliorations de ce coté-là.

Je peux difficilement juger la partie sur l’Inde plus que je ne l’ai déjà fait. Mais en tout cas, malgré les quelques petites erreurs, ce livre reste un document très complet et intéressant, à lire par tous les gens intéressés par le droit des femmes ou par les situations des sociétés indiennes et chinoises.

P.S. à l’attention du traducteur ainsi qu’à tous les acteurs du processus éditorial : le mot “condannation” plusieurs fois dans le même livre, ça pique les yeux. ^^