La pensée chinoise – Marcel Granet

Pour le premier article portant sur autre chose que de la fiction, je vais m’intéresser à une grosse référence en matière de sinologie : Marcel Granet avec La pensée chinoise. Sorti en 1934 dans la continuité de La civilisation chinoise et peu de temps après la parution de Confucianisme et Taoïsme de Max Weber, dont je parlerai plus tard dans un autre article.

Peu d’ouvrages ont été édités en Europe sur les différents courants de pensée chinoise et, malgré l’ancienneté de sa publication, l’œuvre de Marcel Granet est venue combler un vide qui a peu d’équivalents de nos jours. Le public visé est clairement un public de spécialistes, ou au moins des gens très intéressés qui ont déjà pas mal de notions sur le sujet : les sujets abordés sont pointus, le langage pompeux et malgré la récente réédition chez Albin Michel, la police de caractère est vieillotte et un peu floue, ce qui fait que même lorsqu’on n’est pas débutant dans la matière, certains passages peuvent rester obscurs et péniblement déchiffrables. Certains passages sont évidemment très intéressants et permettent de faire des recherches assez poussées sur de nombreux sujets. Bien que ce livre dans son ensemble ne soit clairement pas à destination de débutants, certains passages sont destinés à leur rendre accessible le contenu en donnant quelques bases utiles, et ça, c’est quand même bien sympathique de sa part. ^^

Pour ceux qui souhaiteraient des informations sur certains symboles taoïstes, tels le Dao, ou le Yin et le Yang, je trouve ce livre très incomplet. L’auteur explique énormément de notions avec moult détails qui me semblent très secondaires et survole ce qui me semble essentiel à la compréhension des différentes doctrines de la pensée Chinoise.

J’avais peut-être beaucoup trop d’attentes sur ce que je pouvais apprendre de ce livre, car la plupart des chapitres m’ont énormément déçus en ne traitant pas ce à quoi je m’attendais. Seul le chapitre où l’auteur décrit les différents écoles apparues pendant la période des printemps et automne m’a vraiment convaincu : il aborde les différents grands courants (Confucianisme, taoïsme et Légisme) mais il s’arrête également sur des maître plus méconnus de cette époque comme Mencius, Mo Zi, Lie Zi et de nombreux autres. Je pense que ce chapitre peut intéresser pas mal de monde, y compris sans vraiment avoir de notions (à condition d’être un minimum intéressé ^^ ).

Bref, ce livre n’est ni le plus intéressant, ni le plus accessible. Peu de monde peut réellement y trouver son bonheur, à moins d’avoir une thèse à écrire sur la cosmogonie chinoise peut-être… ^^