Eon et le douxième dragon – Alison Goodman

Eon et le douzième Dragon n’est pas un livre écrit par un auteur chinois, ni techniquement un livre qui se déroule en Chine. En réalité, l’autrice indique que le roman est construit autour d’inspirations de la mythologie japonaise et chinoise. Du coup j’ai voulu en savoir plus, je l’ai lu, et c’était franchement pas mal !

Ce livre retrace l’histoire d’Eona, jeune femme sélectionnée parmi les candidats pour devenir l’un des prochains membres du conseil de l’empire, nommés les « yeux de dragons ». Or ce poste est réservé uniquement à des candidats masculins, et c’est donc sous les traits de Eon qu’elle participera aux compétitions censées déterminer le prochain membre du conseil. Ces membres sont donc les « yeux des dragons » : en effet, chaque membre possède les pouvoirs d’un des douze dragons de l’astrologie chinoise : le dragon bœuf, le dragon chien, le dragon rat, le dragon cheval, le dragon cochon, etc… Si vous vous y connaissez un peu, vous vous posez peut-être la question maintenant : « comment ils font ? Il y en a vraiment un qui s’appelle le dragon dragon ? » La réponse est non ! Ce petit problème est contourné en appelant ce dernier le dragon miroir ! ^^

Les dragons, l’astrologie, tout ça tout ça, on voit très clairement les influences Chine / Japon. Il y a par contre des petits points dont je n’ai pas compris la raison. Par exemple, le concept d’énergie vitale est quelque chose de très présent dans la philosophie chinoise ou dans les arts-martiaux japonais. Ils sont nommés Qi 气 dans le premier, et Ki 氣 dans le second, mais dans le livre, c’est le Hua, c’est le même concept, les termes ont juste été modifiés. De même, le Yin et de le Yang deviennent « L’énergie solaire » et « l’énergie Lunaire », et encore une fois, c’est la même chose avec un autre nom.

Je trouve que le mélange des cultures chinoises, japonaises et américaines se ressent le plus au niveau des noms propres : la majorité des personnages vont avoir des noms très proches de ce qu’on trouve comme noms propres dans la littérature de fantasy, alors que la plupart des lieux vont avoir un nom japonais. Et on va trouver une minorité de personnages aux noms chinois, mais de manière tout à fait anecdotique.

Mais ce livre reste très bon, j’ai beaucoup aimé le lire et je chipote un peu là-dessus. De plus, ce livre date de 2011, mais est très inclusif au niveau des personnages : personnage principal féminin et en situation de handicap physique, personnages secondaires importants transgenres, homosexuels, en situation de handicap physiques et mentaux. Je trouve qu’il y a une grande diversité dans les profils des personnages, sans que cela fasse artificiel ou « quota ». J’ai donc vraiment été agréablement surpris par cette lecture !

Je relèverai juste un petit problème supplémentaire au niveau de l’épilogue. Celui-ci part très loin dans le futur, le problème c’est qu’il y a un tome 2. Donc je ne sais pas si cet épilogue spoile beaucoup le tome 2, ou si le tome 2 se déroule après cet épilogue, ce qui voudrait dire que celui-ci donne de nombreux éléments de compréhensions pour le tome 2, mais qui ne sont que rapidement cités, voire exclus du récit. Donc je suis un peu perplexe vis-à-vis de ce choix, parce qu’il y a beaucoup de matière dans cet épilogue, mais vraiment pas mis en valeur.

Au final, mis à part quelques choix un peu maladroits, je suis grandement satisfait de cette lecture, qui est vraiment inhabituelle pour moi ! J’ai bien aimé rechercher les différents points culturels dont l’autrice aurait pu s’inspirer pour l’écriture de ce livre, et je suis vraiment content de l’avoir lu ! Bientôt le tome 2 peut-être ? ^^