Sept ans d’aventures au Tibet – Heinrich Harrer

On ne présente plus le film Sept ans au Tibet de Jean-Jacques Annaud, avec Brad Pitt dans le rôle principal, et d’ailleurs j’en parlerai probablement sur le blog un jour… Mais voilà tout d’abord le livre qui l’a inspiré : Sept ans d’aventures au Tibet, de Heinrich Harrer !

Heinrich Harrer est un alpiniste allemand qui s’est retrouvé prisonnier de guerre en Inde lorsque la seconde guerre mondiale a débuté. L’Inde étant alliée à la Grande-Bretagne, les allemands présents sur le territoire ont été faits prisonniers. Or, Heinrich Harrer n’a pas trop envie de passer toute la guerre en prison, et échafaude un plan. Comme il l’explique dans le livre, son plan initial est de s’évader de sa prison, de rejoindre le Tibet, neutre, de traverser la Chine par n’importe quel moyen et de rejoindre le Japon, allié de l’Allemagne. Finalement il s’arrêtera au Tibet, et cela vaut probablement beaucoup mieux pour lui, car je me demande comment il aurait traversé la Chine, alors en guerre contre le Japon, et donc aussi contre l’Allemagne. ^^ Durant son périple, il garde trace de ses aventures dans son carnet de voyage et une fois rentré en Europe, ce carnet de voyage, remanié et mis sous forme de narration, est publié sous la forme de ce livre ! Il est enfermé à partir de 1939, s’évade rapidement, et fuit le Tibet en même temps que de nombreux tibétains lors de l’invasion du territoire par la république populaire de Chine, en 1951. C’est donc non pas sept ans qu’il passe entre l’Inde et le Tibet, mais 12.

Alors, Heinrich Harrer n’est pas écrivain à la base, et ça se sent assez dans l’écriture qui est, je trouve, assez pauvre. On a vraiment une retranscription de son carnet de voyage, donc c’est très documentaire, et beaucoup de ses réflexions sentent l’homme blanc qui arrive dans une culture qu’il ne connait pas : c’est parfois jugeant, voire raciste (et sexiste aussi, hein, pourquoi ne pas se priver). La culture tibétaine est plusieurs fois qualifiée de “pas trop civilisée”, on est à la limite de l’image du “bon sauvage” dans la première partie du livre. Toutes ces réflexions disparaissent de plus en plus avec le temps, surtout à partir du moment où Heinrich Harrer arrive à Lhassa, capitale du Tibet. Là, l’auteur arrivant dans une ville, se permet moins d’écarts de ce type.

Du coup le début du livre ne représente pas la meilleure partie du bouquin. Une fois a Lhassa le livre devient beaucoup mieux, je trouve. Il y a cependant quelque chose que je n’ai pas trop apprécié, c’est que pendant tout le livre, l’auteur tease pas mal sa future amitié avec le Dalaï-Lama, mais au final, cette amitié n’arrive que dans le dernier cinquième du livre et n’est que très peu développée, on passe très vite à l’invasion chinoise et à la fin du livre.

Je suis assez content d’avoir lu ce livre. C’est pas la lecture de l’année, mais c’est tout de même très instructifs sur pas mal de points. On trouve des points communs avec le Tibet tel qu’il est décrit dans les livre D’Eliot Pattison, (chroniqués ici et là), ou bien avec les BDs Le sixième Dalaï-Lama (1 et 2) et je me rends compte que quelle que soit l’œuvre, je suis assez sensible à l’ambiance que dégage une intrigue se déroulant au Tibet !