Coming Home – Zhang Yimou

On commence à bien connaitre Zhang Yimou sur ce blog (essentiellement parce que c’est le seul réalisateur dont j’ai parlé ^^). Mais si la dernière fois j’avais parlé d’un genre qu’il maîtrise, les films de capes et d’épées (avec Hero), aujourd’hui je vais m’attarder sur un autre style que ce réalisateur aborde, les drames, avec Coming Home.

Comme souvent dans les fictions chinoises, le récit est ancré dans une période historique précise qui sert la narration. Ce film se passe en majorité dans les années 1970, années qui suivent la révolution culturelle. On suit le personnage interprété par Chen Daoming, le dénommé Lu Yanshi, un ancien professeur emprisonné pendant la révolution culturelle. Une fois libéré et réhabilité, il revient chez lui et trouve sa femme, jouée par Gong Li, qui souffre maintenant d’un grand trouble de la mémoire : elle oublie très vite ce qu’elle fait et l’a même complétement oublié, lui. A partir de là, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu’elle se souvienne de lui et rester auprès d’elle.
Avant de regarder le film, j’avais un peu peur à vrai dire : ayant vu d’autres films de Zhang Yimou et ayant pu constater qu’il peut avoir tendance à en faire beaucoup, j’appréhendais un peu, la limite entre le drame et le mélodrame étant bien fine. ^^ Heureusement, ça s’est très bien passé, et le film a su toucher mon petit cœur de romantique, et même me faire rire à l’occasion. Pour un drame de près de 2h, il est tout de même assez bien rythmé (La preuve : je ne me suis absolument jamais ennuyé ^^), et il reste assez beau graphiquement, même si on ne retrouve pas les jeux avec les couleurs qu’on pouvait voir dans Hero ou La cité interdite, par exemple.

Ce film, en dehors de la Chine, est vendu comme étant le film où Gong Li est “au sommet de son art”, et où elle tient le rôle principal (ce qui est faux pour la deuxième partie de la phrase. ^^). Je ne peux absolument pas contredire le fait qu’elle est bonne actrice, dans ce film comme dans tous les autres dans lesquels elle a joués. Mais j’ai été beaucoup plus convaincu par la performance de Chen Daoming qui, bien qu’il possède le rôle principal, n’apparaît même pas sur l’affiche du film en France. Ok, il est moins connu, donc c’est moins vendeur que Gong Li, mais il y a une différence entre mettre les stars en avant, et faire disparaître toute trace du personnage principal pour vendre plus. (Enfin bref, je m’énerve tout seul probablement.) ^^

Vous l’aurez compris, je trouve l’affiche originale beaucoup mieux : déjà je la trouve beaucoup plus belle, mais on y retrouve également tous les personnages principaux : Les deux personnages dont j’ai déjà parlé sont présents, ainsi que le personnage de leur fille (dont je n’ai absolument pas parlé, par peur de très vite spoiler ^^), jouée par Zhang Huiwen (et pour son premier et seul film à l’heure actuelle, elle ne se débrouille pas si mal ^^). Pour ce qui est du titre VO, hé bien le titre anglais colle parfaitement 归来 (en simplifié, c’est pour ça que c’est différent de la graphie sur l’affiche où c’est marqué en caractères traditionnels) signifie “revenir”.

En conclusion, je ne peux que conseiller à tous les romantiques, Coming Home est avant tout une belle histoire d’amour, mais ce film ne tombe jamais dans le mélodrame ou le romantique à l’excès. Pour moi une grande réussite, que je conseille à tous.